Henri Cazaux

Conte, image et sciences

Henri Cazaux

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Leur questionnement sur les films de science fiction m’amène à penser que l’avènement de l’image, de l’audiovisuel a modifié le style relationnel. Jusqu’à une époque encore récente, on vivait beaucoup dans les interrelations parlées. L’image est venue s’intercaler, s’interposer entre les paroles des individus et la télévision s’est imposée à la place de ce que l’on nommait traditionnellement "causerie".

Notre civilisation occidentale très technique s’est tournée vers la science. La parole et le verbe se sont tournés vers les sciences dites exactes. La prévalence des humanités, de l’enseignement de la philosophie n’est plus mais ce sont les mathématiques, la physique, la chimie qui sont à l’heure actuelle des matières recherchées et "porteuses". L’illusion est que la parole peut être aussi exacte, moins inventive, moins poétique ou moins imaginative.

Les découvertes scientifiques et celles de l’espace en particulier ont amené l’homme à moins rêver du futur. On dit encore aux enfants : "Ne rêve pas, tu demandes la Lune !" Demander la Lune n’est plus possible puisque c’est une réalité et des fusées peuvent s’y rendre. On s’aperçoit que les sciences dites exactes ne résolvent pas tout, en particulier le sens de la vie. Il me semble percevoir un retour vers l’imaginaire.

Mon dessein était d’enregistrer, d’observer, de répondre sans jamais figer, sans jamais questionner ni demander d’explications, ceci afin de respecter la démarche propre d’identification entreprise par chaque enfant. De ce fait, les enseignants avertis de ma conception et de mes principes ont évité de demander aux enfants de représenter graphiquement des personnages ou des situations.