ANNÉE EUROPÉENNE DES LANGUES

A propos de contes ...

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Isabel Sousa *

 

"... ces histoires qui bruissent à nos oreilles depuis la petite enfance"

 

Georges Jean

S'il est vrai que le conte peut être défini différemment par chaque individu, suivant les sentiments et les expériences de vie qui s'y associent, tous conviendront que le conte est avant tout un court récit fictif, énoncé au passé, dont l'action est concentrée autour d'un épisode nucléaire et dans lequel intervient un nombre réduit de personnages très peu caractérisés. Traditionnellement, l'univers représenté est indéterminé dans le temps et l'espace, et magique, car tout peut y arriver. Il existe, bien entendu des exceptions à la règle, et quelques contes traditionnels fournissent des références plus proches de la réalité, tout comme le font la plupart des contes modernes et des contes dits d'"auteurs", qui sont bien souvent des évocations très personnelles d'expériences de vie extraordinaires, des faits-divers, ou des récits d'épisodes de la vie quotidienne agréablement composés.

Classés d'après leurs origines temporelles ou géographiques, selon des critères structurels, thématiques, ou autres, les contes le sont toujours un peu fallacieusement. En effet, toute classification dans ce domaine est indéniablement réductrice et favorise les confusions.

Toutefois, dans le riche corpus de contes qui constituent le patrimoine culturel mondial, on peut reconnaître: des contes merveilleux (de fées ou non); des contes populaires («merveilleux» ou non); des contes d'exemple; des contes religieux; des contes d'animaux; des contes étiologiques; des contes de divination; des contes facétieux; des contes philosophiques; des contes érotiques; etc.

Le catalogue national français Delarue-Tenèze (Le conte populaire français: catalogue raisonné des versions de France et des pays de langue française d'outre- mer) suivant l'usage établi depuis le catalogue international de Aarne-Thompson1, adopte la classification suivante: I) Contes proprement dits: 1) contes merveilleux; 2) contes réalistes ou nouvelles; 3) contes religieux; 4) histoires d'ogres stupides; II) Contes d'animaux; III) Contes facétieux; IV) Contes énumératifs "randonnées".

 

La plupart des contes sont d'origine incertaine. S'il est possible que le conte ait une monogenèse et se soit diffusé grâce aux migrations humaines, la possibilité d'une polygenèse est également valable dans la mesure où certaines constantes de la pensée humaine ont pu surgir dans différents points du globe sensiblement en même temps, faisant ainsi de l'humanité un tout.

C'est des différents peuples qui composent cette humanité, que le conte est né. En effet, le conte est avant tout populaire. Ce qui explique le registre de langue employé, souvent pourvu de régionalismes et de répétitions de formules (v.) qui font toute la magie musicale de la transmission orale du peuple.

Anonyme, transmis oralement de génération en génération, ce récit en prose d'événements fictifs a subi des modifications, au long du temps et suivant les cultures, nous transmettant des conceptions du monde, des systèmes de représentations et des principes d'organisation sociale.

Progressivement, grâce aux collectes et aux transcriptions des folkloristes, la transmission orale des contes a laissé place à la transmission écrite. Mais, si l'intention de la transcription écrite est bonne, puisqu'il s'agit de développer les contes pour perpétuer la tradition, le résultat est souvent décevant car plus qu'à une fidèle reproduction l'on procède à une adaptation arbitraire suivant les goûts et les intérêts d'une certaine classe sociale de l'époque.

En Italie, peu influencée par la Réforme, parut en 1634 Le Pentaméron ou Le conte des contes de Giambatista Basile, plus tard adapté pour les enfants sous le titre Le divertissement des enfants, dans un souci certain de l'éducation de la jeunesse, suggéré par le mouvement humaniste de la Renaissance.

En France, les contes de fées deviennent à la mode dans les salons grâce à Marie-Catherine d'Aulnoy qui, dès 1690, en insère dans ses romans et ses relations de voyage. En publiant les Contes des fées en 1697 et Les Contes nouveaux ou les fées à la mode en 1698, elle fait du conte un genre littéraire.

L'intérêt des écrivains pour les contes populaires est né surtout à partir du moment où Charles Perrault a publié son recueil de contes populaires français Histoires ou Contes du temps passé avec Moralités, en 1697. Ses sources sont le merveilleux des romans de chevalerie et la tradition orale, nationale et internationale, surtout l'italienne. Le Pentaméron, déjà cité, ainsi que Les facétieuses nuits (1550-53) de Straparole, contes destinés aux adultes ont été remaniés (selon les critères de l'aristocratie), pour en faire des créations littéraires expressément destinées à la jeunesse.

Au XVIIIième siècle, la conception de l'enfant étant maintenant celle d'un être autonome, naît alors l'idée d'une littérature spécifique pour l'enfance et la jeunesse, faisant écho d'une certaine préoccupation pour la recherche pédagogique bien visible dans les principaux pays d'Europe.

Mais c'est le XIXième siècle qui a cimenté ce nouvel intérêt, avec les frères allemands Jacob et Wilhelm Grimm qui publient, en 1812 dans la version originale, puis en 1814 dans une version adaptée pour les enfants (d'après les paramètres de la bourgeoisie), 156 contes appartenant à la tradition orale allemande, les Kinder und Hausmärchen. En France, ce n'est qu'en 1836 que les contes des Grimm ont été traduits: Contes de l'enfance et du foyer.

C'est vers la moitié du XIXième siècle, avec la reconnaissance par les érudits de l'importance du conte en matière de patrimoine folklorique (moyen d'affirmation de l'identité nationale ou régionale défendue par les romantiques), l'élargissement des thèmes et des échanges, et le rôle joué par le Danois Hans Christian Andersen (Histoires merveilleuses pour les enfants, Légendes et contes de fées danois, Un livre de contes danois et Le rossignol et autres contes), que le conte a trouvé un statut international. Un statut qui s'explique surtout par le fait que le conte est "une sorte d'énoncé universel partiel sur la condition humaine."2

Les contes ont une structure quasi universelle que chaque culture habille suivant sa tradition et ses valeurs "tout en maintenant la permanence de leur pouvoir sur les imaginaires individuels et collectifs. Car là est sans doute le vrai «pouvoir des contes»."3

Or, c'est au travers de la structure du conte que nous pouvons arriver à ses sens, à son message.

En ce qui concerne les contes traditionnels populaires, leurs diverses variantes se construisant sur des structures stéréotypées et répétitives, elles n'affectent pas les schémas formels hérités des générations antérieures.

En 1928, le folkloriste russe Vladimir Propp en publiant Morphologie du conte inaugure en quelque sorte le vaste champ des recherches structurales sur le conte merveilleux. C'est au terme de son analyse fonctionnelle, qui s'applique à un corpus de 100 contes merveilleux russes, qu'il a établi le schéma canonique du conte merveilleux russe. Celui-ci serait constitué par 31 fonctions des personnages qui s'enchaînent dans un ordre unique. Certaines fonctions forment couple et sont agencées de façon entièrement libre. Propp définit aussi le conte comme un récit à 7 actants (personnages: agresseur, donateur, auxiliaire, personnage recherché, mandateur, héros, faux héros), ayant chacun leur sphère d'action.

Le folkloriste Alan Dundes, en distinguant parmi les 31 fonctions de Propp certaines fonctions plus générales, sous lesquelles toutes les autres fonctions pourraient se regrouper, a permis d'appliquer l'analyse structurale à tous les contes.

Mais pour les contes africains, Denise Paulme, partant des structures, en a dégagé six types: ascendant; descendant; cyclique; en spirale; en miroir; en sablier; type complexe (à l'intérieur duquel plusieurs types se succèdent ou se combinent) qui pourraient se ramener à deux modèles principaux: ascendant et descendant.

Le sémiologue J. Greimas profitant des théories de Propp et de Lévi-Strauss4 propose la structure élémentaire de la signification. Il distingue trois niveaux pour l'étude des écrits: sémantique, narratif et linguistique ou stylistique. Après révision du schéma des 7 actants de Propp, Greimas établit un modèle actanciel à six fonctions:

Destinateur → Objet → Destinataire

Adjuvant → Sujet ← Opposant

Les relations qu'entretiennent entre eux ces six actants correspondent aux trois modalités fondamentales de l'activité humaine: vouloir, savoir et pouvoir. Elles établissent de plus un schéma narratif général, celui de la Quête, et trois types d'éléments narratifs fondamentaux: performantiels, contractuels et disjonctionnels.

Outre ces éléments structurels, d'autres composantes tels que les thèmes, les cycles ou les motifs contribuent à l'édification du conte.

L'indétermination de l'espace physique (rarement décrit) et du temps (généralement réduit et linéaire) permet d'entrer dans un univers imaginaire dans lequel on peut se retrouver au long de diverses générations. Les références spatio-temporelles concrètes n'apparaissent que dans des récits proches des légendes ou lorsque le conteur prétend authentifier son récit.

Les personnages du conte traditionnel sont anonymes, intemporels et "sans épaisseur". Ce sont des types plus que des individus et leur caractérisation est directe et réduite. Ils représentent des attributs ou des valeurs et sont désignés par leur catégorie d'âge ou leur catégorie sociale. Toutefois, certains sont pourvus d'un nom, de quelques traits et sont capables de s'autonomiser ce qui fait d'eux des exemples comporte- mentaux. Il n'y a pratiquement jamais de personnages secondaires.

Les animaux (personnages du conte) émerveillent les plus petits autant par ce qu'ils sont que par ce qu'ils signifient. Caractérisé par un anthropomorphisme plus ou moins prononcé, le bestiaire a un symbolisme variable suivant les cultures: par exemple, la tortue symbolise la sagesse dans plusieurs pays d'Afrique, alors qu' en France elle représente la lenteur; en Afrique, l'araignée peut être l'image du père de l'humanité, d'un benêt incorrigible, de la gourmandise ou de la malhonnêteté punies par la bêtise (Mali, Ghana, Cameroun, Centrafrique); ...

Le symbolisme est également visible dans la répétition de nombres rituels, magiques ou sacrés dans la plupart des cultures, tels que le 3 et le 7.

De toutes ces représentations symboliques et du langage métaphorique naît aussi la magie du conte dont la fonction première est de plaire, de distraire, même si de nos jours d'autres fonctions semblent prédominer.

Le conte "n'est pas fantaisie gratuite ou simple récréation pour l'imaginaire. Porteur d'un «savoir» et garant d'un ordre des choses, il est agent de transmission de ce savoir et de cet ordre."5

Les diverses fonctions qu'il est possible d'attribuer aux contes de chaque culture font de ceux-ci un trésor inestimable, dépositaire da la mémoire universelle, qui s'accroît jour après jour et que nous devons préserver en le vivifiant.

"Ludique, éducatif, pédagogique, didactique, linguistique, initiatique, affectif, thérapeutique, moralisateur, cathartique, social, ...", sont quelques-uns des adjectifs généralement employés pour faire part de l'exceptionnelle et indéniable valeur formatrice des contes. Privilégier un de ces rôles au détriment d'un autre serait incorrect, un conte étant toujours susceptible de "lectures" plurielles. C'est pourquoi suit une synthèse des diverses méthodes d'approche des contes, devant être envisagée dans une perspective pluridisciplinaire.

Divers penseurs et psychanalystes (Freud, Mélanie Klein, Franz Ricklin, Otto Rank, Géza Róheim, Jung, Hedwig von Beit, Marie- Louise von Franz, ...) se sont penchés sur le conte. Tout d'abord, il importe d'insister sur le fait qu'un conte ne peut être "étudié" qu'en rapport avec son contexte et que toute interprétation ne peut remplacer le plaisir que les histoires nous offrent car, comme le dit Georges Jean, auteur de Le pouvoir des contes "le «pouvoir des contes» émane des contes et pas de ce que l'on en dit."

Bruno Bettelheim, psychanalyste très controversé, a cru voir dans l'interprétation psychanalytique du conte son essence même. Dans son oeuvre The Uses of Enchantment. The Meaning and Importance of Fairy Tales (1975), traduite en français sous le titre de Psychanalyse des contes de fées (1976) il traite du conte merveilleux dont il cherche à identifier l'effet produit sur l'enfant qui l'écoute. Du point de vue purement psychanalytique, le conte est une manière concrètement métaphorique de vivre la «sublimation freudienne». Mais surtout, il représente un monde manichéiste imaginaire dans lequel le héros, en surmontant des épreuves diverses, gagne son autonomie et montre de façon symbolique les avantages d'un comportement conforme à la morale. En s'identifiant au héros, l'enfant apprend, seul, à se construire soi-même, à construire un réel par la voie de son imaginaire, il se déculpabilise et le conte remplit alors une fonction de catharsis. Bettelheim rappelle qu' «en découvrant lui-même le sens caché des contes, l'enfant crée quelque chose au lieu de subir son influence ».

Ainsi, le conte est initiation dans la mesure où, en anticipant la vie, en parlant à l'inconscient de l'individu (à travers les rêveries qui suscitent des réflexions et des décisions), il permet l'apprentissage de la maturité, la métamorphose de l'être. Mais cette transformation, souvent douloureuse, exige du temps, c'est pourquoi la répétition des contes, dont la forme importe tant aux enfants, est nécessaire. L'assimilation du "non-dit" du conte se fait par l'intermédiaire d'une morale pratique et non formulée par des préceptes éthiques, comme dans les fables par exemple.

"Ce que la psychanalyse d'aujourd'hui a cru découvrir sur la fonction thérapeutique du conte, les sociétés traditionnelles le savent depuis longtemps, et leur pratique du genre prouve qu'elles le considèrent comme une sorte de soupape de sureté dans la collectivité."6

Pour les éducateurs le conte est un outil pédagogique et didactique particulièrement performant parce que ludique. Il permet: l'apprentissage ou la maîtrise de la langue; l'initiation à la lecture et à la littérature; la découverte du patrimoine et de la tradition orale (langues, dialectes, patois, variétés régionales, versions [populaire / littéraire, paysanne / urbaine, ...], traditions culturelles,...); la résistance aux attitudes ethnocentriques traditionnelles en favorisant la reconnaissance de la relativité des moeurs, us et coutumes; l'exercice du plurilinguisme et du pluriculturalisme; l'éveil pour la citoyenneté; le développement de l'imaginaire et de la créativité; la connaissance de la vie quotidienne; le développement de la fonction affective, de l'estime de soi (en exploitant l'image de soi et le soi idéal); la prise de conscience et la résolution de conflits internes; l'affirmation identitaire; etc.

Quelle que soit la perspective adoptée pour considérer le conte, celui-ci occupe une place indéniable dans notre vie. Lu, écouté, senti, vécu, souvenu, le conte est toujours présent en nous.

Les mauvaises langues disent que le conte est démodé, les plus cruelles crient même sa mort. La réalité prouve le contraire: l'industrie du conte se porte de mieux en mieux (eh oui, le conte est un produit de consommation, il a son industrie, tout comme le rêve d'ailleurs!). Les publications de contes pullulent, la production de CDs n'arrête pas de croître, et en France par exemple, d'après la revue Le Français dans le Monde nº 312, il existe près de 82 festivals, 300 stages de formation, 300 conteurs professionnels, 4000 conteurs amateurs, 25000 représentations annuelles et 2500000 spectateurs dont la moitié d'enfants et de scolaires. Dans un monde dominé par les chiffres, comme le nôtre, peut-on nier l'évidence du renouveau du conte? Ce renouveau correspond-t-il à une mode ou à un véritable besoin? À la limite, la réponse à cette question est inutile. Ce qui compte c'est de profiter des diverses manifestations culturelles qui dépendent du conte, c'est de le vivre avec intensité aujourd'hui. Vivre le conte sous toutes ses formes, en le lisant, en l'écoutant et en le (ra)contant. Si la lecture et l'écoute du conte sont accessibles à tous, il n'en est pas de même pour le "contage"7. Conter est un art et quiconque n'est pas artiste.

 

L'art de conter ne se résume pas à la triade simpliste «conte, conteur, auditoire», loin de là. La pratique du contage en tant qu'institution implique que l'on tienne compte en autres choses: "du cadre ou du siège des réunions, de l'objet de celles-ci, des invités et des exclus, des activités proscrites pendant le contage, du choix des contes et de la langue utilisée, de l'arrivée et du départ des participants, enfin du résultat de ces réunions."8

Le cadre de la réunion doit respecter certains paramètres, pour que le cérémonial «ritualisé» du conte ait l'effet magique prétendu. Suivant le public et les circonstances, le conteur procède à la sélection du niveau de langue à utiliser et d'un conte de son répertoire. L'occasion détermine le lieu, l'ambiance et le moment du contage.

Sauf cas particuliers (de communautés de travailleurs itinérants: marins, bûcherons, ..., de communautés de séjours temporaires forcés: prison, hôpitaux, ...; ou autres), généralement, la pénombre et la disposition des écoutants en cercle sont de règle, que ce soit en salle de classe dans le petit coin «conte», dans une colonie de vacances, lors d'un stage, à l'intérieur de la maison, à l'entrée de la tente, sur scène ou ailleurs; dans une atmosphère silencieuse, musicale ou avec bruits de fonds; sous l'arbre, près de l'eau (symbole de vie, possèdant des vertus purificatrices qui lavent de la maladie et du péché), ou plus souvent autour du feu (qui à l'origine repousse les animaux sauvages et les êtres maléfiques et symbolise la société humaine).

Le temps de conter varie suivant les cultures, aussi bien en ce qui concerne le moment, que la saison de l'année. S'il n'y a pas d'heures précises pour raconter un conte, sauf en milieu scolaire où "l'heure du conte" est parfois instituée, le moment de la journée privilégié pour cette activité est traditionnellement la nuit. En effet, "la nuit est plus que le jour propice aux déploiements de l'imaginaire «autour» des paroles"9: parce qu'elle inspire le retour au calme, l'apaisement, la concentration, après une journée agitée. Ainsi, le conte accompagne souvent les enfants pendant la période qui précède le sommeil. Dans bien des pays, on contait à la veillée d'antan quand les travaux étaient finis et les gens disponibles de corps et d'âme. D'autres veillées, encore aujourd'hui, sont remplies de contes: certaines veillées mortuaires. La parole de nuit a également été parole contestataire, si l'on pense aux esclaves qui autrefois, à travers le contage nocturne de contes, se vengeaient symboliquement de leurs maîtres en les représentant de façon ridicule. En Afrique, tout comme entre les indiens nord-américains, pour des motifs plus ou moins superstitieux, et pour répondre manifestement à une obligation de morale sociale, le conte était interdit le jour car cela pouvait produire des troubles météorologiques, provoquer des maladies au narrateur et dans sa famille, etc; les Dogons du Mali établissent des relations entre les paroles «fécondantes» des contes, et l'activité sexuelle essentiellement nocturne; de plus, «l'échange des contes ne peut avoir lieu «entre père et fille, entre mère et fils après la circoncision».10

Et, sous peine de s'exposer aux pires calamités, la saison de l'année pour conter n'est pas dépourvue de significations particulières: en Bretagne on ne contait pas "pendant l'été rouge de la moisson où la fatigue de chacun était trop grande, ni au temps des semailles qui préoccupaient toujours les paysans."11. "Chez les Dogons, la saison des contes est la saison sèche."; "en Nouvelle Guinée, conter à certaines époques et de jour entraînerait des menaces d'incendie, et en Grande Kabylie, la crainte pour le conteur de devenir chauve!"12

Mais, quelles que soient les circonstances, "le moment du conte est un moment de respiration commune"13, de partage. Une complicité s'établit, un "lien invisible tissé de mots, de souffles et de silences qui unit en un mot fort le conteur et son auditoire" (Denizot).

Le conteur est cet être énigmatique qui, par amour des mots, de leur musique et de leur poésie, et conscient de leur pouvoir, emploie une partie de sa vie à offrir du rêve à tous ceux qui ont encore un coeur d'enfant, pour que les enfants deviennent adultes et les adultes redeviennent enfants. Est-ce par hasard que les africains Mande n'ont qu'un seul mot pour désigner le rêve et le conte?

Le conteur ou la conteuse peuvent être professionnels ou spécialistes, mais qui n'a pas déjà (ra)conter? Le désir, ou plutôt le besoin de communiquer qui caractérise l'être humain démontrent que nous sommes tous de potentiels conteurs. Toutefois, conter est un art, l'art de la communication, de la relation (car il relate et relie), et le conteur est un artiste. Prendre la parole c'est prendre le pouvoir que nous offre le conte. "Le conte est le véhicule qui conduit à l'imaginaire; le conteur en est le conducteur."

De tous temps, toutes cultures confondues, le conteur a toujours existé. "Chez les peuples dits primitifs, certains types de contes étaient réservés pour certaines occasions, certains ne pouvaient être narrés que par des hommes, d'autres que par des femmes, d'autres encore que par les seuls initiés."14 "En Sibérie, les vagabonds vivaient souvent de l'art de conter."15 "Au Cameroun ce sont les enfants qui commencent la veillée; les femmes, puis, en dernier lieu, les hommes, ne prennent la parole que si les plus jeunes paraissent avoir épuisé leur répertoire.16 Jeune mère attentive, père soucieux, grand-mère tendre, grand-père complice, enseignant, paysan, soldat, vannier, voyageur, garde, barde, troubadour, griot,..., tous sont conteurs.

Conter est un art difficile et exigeant qui demande à celui qui s'y risque une grande capacité d'adaptation, de versatilité et un grand nombre de qualités. Le talent est bienvenu mais ne suffit pas. Le conteur doit, autant que possible, aimer partager, être prêt à se dévoiler car sa personnalité ressort lorsqu'il conte. Il doit avoir le goût pour l'art de dire, une bonne mémoire, un bien à transmettre (culture, expérience, émotion, morale, ...), un sens du merveilleux hors du commun, beaucoup d'imagination et une grande capacité d'improvisation et de création, lui permettant de jouer prudemment le jeu dialectique entre tradition et innovation. Car si les conteurs sont libres d'innover, de broder ou de divaguer, la communauté exerce un pouvoir censitaire qui empêche toute subversion du conte, pour préserver les archétypes dans la mémoire collective (sauf pour les contes les plus modernes ou contes dits d'"auteurs").

Mais, plus que tout il doit donner de lui-même, fournir un effort, se préparer, travailler, longtemps et en situation, son esprit et son corps car "l'extériorisation, lorsqu'on raconte une histoire, passe par l'intérieur."17 L'artiste doit faire preuve de sensibilité en pratiquant son art et en prenant conscience des réactions diversifiées de l'auditoire. Il doit pouvoir utiliser toutes les potentialités de sa voix et de son corps.

Poser sa voix, articuler, moduler, respirer, chanter, imiter les intonations des différents personnages, les cris des animaux, les bruits de toutes sortes, pour lesquels il utilise en particulier les onomatopées, les idéophones, etc, tout ceci il importe de l'exercer. Le mode de locution (intensité de la voix, tonalité, débit18, articulation, syntaxe, rythme) permet d'exprimer la diversité des sentiments et leurs nuances, c'est pourquoi un conte dit par un conteur ou par une conteuse a une tonalité différente. Le rythme du débit de la parole intarissable se manifeste par l'allure, les pauses, les hésitations, la précipitation, etc. Au Maroc ou en Grande Kabylie, par exemple, se sont des battements de tambour d'aisselles, des claquements des mains et/ ou de talons, des danses qui rythment la narration.

Variant la distance et la position par rapport à son auditoire, le conteur engage tout son corps, "comme si toute la dynamique des aventures racontées était condensée en lui"19, pour mimer les gestes, les attitudes, souligner les sentiments et les actions. Le conteur doit maîtriser tous les instruments de suggestion: les gestes ébauchés de la main; le visage, les imperceptibles mouvements des lèvres, des yeux, de la tête, qui reflètent tel sentiment, telle angoisse, telle attente, tel plaisir; C'est son attitude envers le public, son positionnement dans l'espace qui lui donne un rayonnement et l'attention de l'auditoire.

Ainsi, les codes linguistique, paralinguistique, kinesthésique et proxémique dominés par le conteur modulent sa prestation lors de l'interaction communicationnelle et font du contage un art de la sensibilité.

En effet, seul un être sensible aux réactions de son auditoire, qu'il prend à témoin, est capable de le faire se ressaisir et au besoin l'apostropher et, surtout, est capable de contrôler ce qu'il doit faire pour tenir son public constamment en haleine, sans couper le fil de son débit. La communication immédiate et proche qui s'établit entre le conteur et le public "in praesentia" justifie les interventions, questions, interpellations, de ce dernier qui se sent d'autant plus impliqué dans l'acte qu'il est séduit par la performance de l'artiste. Les enfants montrent plus facilement, bien qu'inconsciemment car ils sont spontanés, leurs émotions (l' écoute attentive, la peur, le jeu, le plaisir, l'émerveillement,...).

L' appel au narrataire à tout moment, mais plus constamment au début et à la fin du conte est une caractéristique du milieu créole. Jouant ainsi un rôle indéniable dans la production du conte, l'auditoire, en général composé d'un nombre réduit de personnes, peut être sélectionné. Cette sélection des participants (ou des "écoutants" tels que les nomme Montaigne) se fait suivant les occasions, en fonction du sexe, de la classe d'âge, du milieu social, etc.

Le pouvoir de séduction du conteur se doit en partie au fait qu'il est le détenteur du secret à révéler (un secret qu'il détient depuis la nuit des temps et qui a été transmis de génération de génération), mais aussi souvent parce qu'il est lui-même inventeur d'un monde imaginaire construit pour mieux affronter le monde réel, dont il connaît seul la vérité, acquérant ainsi une stature quasi démiurgique. Cette création exerce parfois une force inquiétante chez le conteur: "Pour le conteur camerounais, le conte paraît émaner de lui à son corps défendant et lui cause une souffrance..."20

Mais le conte est avant tout plaisir, (ré)jouissance, agrément, distraction, délice.

C'est un plaisir pour celui qui écoute mais aussi pour le conteur qui a le privilège d'être un agent de socialisation dans la mesure où il peut, tout en divertissant, contribuer à la cohésion sociale. Lorsque le conteur contemporain se fait commentateur pour faire rire l'auditoire par une intervention comique ou ironique, définir une expression, sensibiliser aux pouvoirs des mots, donner une explication permettant de mieux comprendre le déroulement de l'intrigue, commenter le comportement ou la psychologie de l'un des personnages, expliciter un phénomène social, éveiller la population à son patrimoine, etc, le conteur est médiateur, transmetteur de valeurs, agent culturel. Les Africains ne disent-ils pas que: "Chaque fois que meurt un griot c'est une bibliothèque qui brûle."21?

Le conte est surtout le plaisir des mots et des images véhiculées par ceux-ci. La parole conteuse est reine au pays des fées, elle est le savoir premier qui transmet d'autres savoirs. Quelle que soit la langue, la parole exerce sa magie et son pouvoir sur tous, enfants et adultes de toutes origines, car les contes sont «un langage international»22. Ils ne demandent qu'à être écoutés, ressentis, savourés, ... Ils savent nous toucher, nous émouvoir, nous passionner, nous enchanter, parce qu'ils sont "miroirs du monde et miroir de l'homme dans ses profondeurs."23

 

LES FORMULETTES

 

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//--></SCRIPT>Les formulettes sont proférées lors de «rites» qui ouvrent et ferment la porte d'un temps et d'un espace magiques: ceux de l'imaginaire, du rêve, de la fiction et de l'inconscient collectif. Elles introduisent, rythment et clôturent le conte.

 

"Les formules initiale: «Il était une fois ...» et finale: «Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants», clichés des albums pour la jeunesse, sont extrêmement rares dans les versions authentiquement populaires. En revanche, il suffit de comparer les versions traditionnelles et les versions de Perrault pour [...] constater que l'importance des formules traditionnelles, souvent élaborées, des dialogues parfois rimés ou du moins assonants, est caractéristique des contes populaires."24

"... dans le corps des contes, interviennent, assez souvent, des poèmes, comptines, formulettes, refrains qui introduisent dans le cours des récits, en même temps qu'un élément rythmique, une respiration, un moment où l'on rêve «ailleurs». (...) Ces petits poèmes, comptines ou énigmes ont assez souvent comme fonction de détendre la tension dramatique avant qu'elle rebondisse à nouveau; ils jouent également un rôle proprement poétique dans la mesure où elles introduisent des éléments phonétiques différents et qui valent plus pour leurs sonorités que pour leur sens. C'est tout le mystère sonore des formules magiques et autres «abracadabras»."25

 

Formules initiales

- «Il était une fois...» ("on ne peut pas dire que le «il était une fois» est universel. Il est davantage la marque d'une transcription écrite de la traduction orale des conteurs."26)

- «C'était au temps où les bêtes parlaient, mais cela se passait dans un autre pays, bien loin, bien loin, ...»

- «Il y a longtemps, des siècles, les animaux parlaient comme les hommes. En ce temps là, il y avait un homme ...»

- «Du temps que les bêtes parlaient, Renard, Loup et Ours voyageaient ...»

- «Au temps où les bêtes parlaient, le roi du pays où ce que je vais vous dire se passait, avait devant son château un orme si gros, si branchu et si feuillu qu'il cachait le soleil.»

 

Formules de début et de fin

- « A Pampelune, quatorze vents, au logis de beaux chats blancs.

(...) On y a fort bien mangé, j'y étais, je peux vous le raconter. »

- « Ce sont des contes de Robert mon oncle.

(...) Je passe par un pré, mon conte est achevé. »

- « Ce sont des histoires de la forêt noire.

(...) Ce sont des histoires de mon oncle Grégoire. »

- « Cric, crac, ah quel malheur, ma petite sœur est tombée dans le beurre.

(...) La nuit est venue, le coq a chanté et mon conte est terminé. »

- « Cric, crac, berlurette, mes lunettes, Saint-Glinglin, mes patins.

(...) Tout le monde dansa, grands et petits, j'en suis revenu et mon conte est fini, cric, cric. »

- « Cric, crac, entendu, convenu, turlututu chapeau pointu.

(...) Et le coq à l'aurore chanta, le coq du jour claironna et le conte finit là. »

- « Cric, crac, faites silence, faites silence, c'est la queue du chat qui danse.

(...) La petite souris fait i i i et voilà, mon conte est fini. »

- «Cric, crac, j'ai la clef dans mon sac.

(...) Et cric et crac, voilà l'histoire sortie de mon sac. »

- «Cric, crac, je vais dans le pré.

(...) Je suis passée par le pré, tric, trac, mon conte est achevé. »

- «Cric, crac, sabot, cuillère à pot, je sais un conte.

(...) Ni, ni, mon petit conte est fini. »

- «Cric, crac, tu danses, sur la balance, tu t'envoles du pot de colle.

(...) Courou, courou, tu passes par le petit trou. »

- «Faites silence, faites silence, mon histoire commence.

(...) C'est fini pour moi. »

- «Faites silence, faites silence, c'est la queue du chat qui danse, quand le chat a dansé, quand le coq il a chanté, le silence est arrivé, mon histoire peut commencer.

(...) Je monte sur la queue d'une souris, elle fait tititi, et mon conte est fini. »

 

Formules finales

- «Je passe par mon pré, mon conte est terminé.»

- «Cric, crac, mon conte est fini, cric, crac, mon conte est achevé.»

- «Et cric, crac, le conte est terminé, là-dessus il y a un rat, passant par un trou, avec une boule de suif, elle fondit par le chemin.»

- «Voici une souris, mon conte est fini.»

- «Le coq chanta et la sornette finit.»

- «Le coq chanta et moi je m'en fus.»

- «Le coq chanta et il fut jour.»

- «Et voilà le conte est terminé, il est monté par la cheminée.»

- «Chut! Chut! Chut! Fillette allons dormir, il se fait tard ne vois-tu pas que c'est un conte.»

- «Alors il se maria avec la Belle aux cheveux d'or. Moi, j'étais à la cuisine avec un beau tablier blanc; mais j'ai laissé tout brûler et l'on m'a mise à la porte.»

- «J'ai trouvé une petite souris, mon petit conte est fini.»

- «Ils se marièrent, eurent beaucoup d'enfants et vécurent heureux à jamais.»

- «J'étais à la noce (du héros), c'était une très belle noce. J'étais caché sous la table, et un moustique m'a donné un coup de pied pour m'envoyer valdinguer jusqu'ici devant vous pour vous conter cette histoire.» (Antilles)

- «... après quoi, la dépouille pétrifiée par les grandes pluies, les nouveaux venus se roulent dans la boue noire. D'où l'origine des hommes rouges et des hommes noirs.»

- «Alors des hommes innombrables sortirent de la calebasse et c'est pourquoi on trouve des hommes partout.»

- «...Telle est pour certaines races indigènes, l'origine des continents et des mers...»

- «... Depuis on a semé partout des calebasses et les calebasses ne bougent plus.»

- «Cric, crac, écoutez bien, je l'entends d'ici, la fauvette fait cui-cui et voilà, le conte est fini.»

- «Et le conte continue, et continue, et continue jusqu'à se noyer dans la mer.»

- «Et le conte pénétra dans la forêt ... Il nous rapportera une récolte, et peut-être deux encore.»

- «Kiki carabi, mon histoire est finie pour aujourd'hui.»

 

Quelques exemples de formulettes d'ailleurs:

 

Afrique

« Ici mon compte prend son cours, le voici. Si je perds le fil du récit, chemin faisant, qui, de toi, de toi ou de toi me reprendra ? »

« (...) Mes Seigneurs, mon conte se termine ici. Je suis passé par ici, je suis passé par là. Je n'ai rien trouvé. je n'ai trouvé qu'une paire de vieilles savates. je les ai mises derrière la porte. le veau est venu les manger. Avec un gourdin, je le tuerai ; demain, tous ces os, je rongerai, mes Seigneurs.»

« Que mon conte soit beau et se déroule comme un long fil.»

« (...) Et ce conte pénétra dans la forêt... Il nous rapportera une récolte, et peut-être deux encore... »

« Boukoulouki ki, boukoulouki ki, histoire en or, histoire en or.»

« (...) L'histoire qui n'a pas de fin vient de trouver ici sa petite fin. »

 

Eurasie

« Au temps passé-oublié, quand le chameau était beau et le singe naïf, (...) »

« (...) Telle est l'histoire que l'on raconte. A ce qu'on dit, (...) Et vous, qu'en pensez-vous? »

« Peu après jadis, bien avant maintenant, quand hier était demain et aujourd'hui encore à naître, (...) »

« (...) Tarak-Turok, la pie au nid ! Voilà notre conte fini. »

 

Grand-Nord

« Imman'uk (il y a longtemps),(...). K'amahtuk (c'est fini). »

 

Australie

« Fermez la bouche en mangeant et ouvrez les oreilles pour écouter, une histoire arrive. »

« Gardez bien ouvertes vos oreilles pour entendre l'histoire. Elle est ici, parmi nous, et veut parler. »

« Fermez la bouche, que vos oreilles entendent, l'histoire arrive, déjà elle s'approche, déjà elle est ici, et parle avec ma voix. »

 

Polynésie

« Ecoutez mes paroles, hommes et femmes qui préparez de la bonne nourriture dans de bons fours. Mon histoire raconte les temps anciens, quand... »

« Ecoutez hommes et femmes, écoutez attentivement, n'allez pas confondre une jeune fille et une autre, car elles étaient deux... »

« Hawaiki, hawaiki, terre de nos ancêtres, hawaiki, terre d'abondance, comme un serpent tu te caches sous la surface du monde, comme une baleine tu nages sous la mer, tu n'es que le mot d'une légende, celle que nous allons écouter. »

 

Mélanésie

« Je te plante mon conte, pour que tu croisses grand et beau. A ton intention je mets du bois sur le feu et je vais te mijoter afin que tu embaumes comme l'arbre à pain. »

« Maintenant, dis à ton coeur qu'il vienne près de moi, comme vont venir vers tes oreilles mes paroles qui te diront ce que c'était que l'île aux monstres. »

« J'ai planté un conte en terre, il a éclos et poussé comme une igname. J'ai été le vendre au village, le village s'appelait Lomoan. Dans ce village, vivait un homme... »

Sources:

JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981.

http://www.chez.com/feeclochette/Theorie/formulettes.htm

 

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* enseignante dans l'Aire Scientifique de Français de l'ESEV

1 En 1928 paraît, de Antti Aarne et Stith Thompson, le catalogue systématique international de tous les contes populaires du monde: The Types of the Folktales (Helsinki, Academia Scientiarium Fennica).

2 ZIPES, Jack, Les contes de fées et l'art de la subversion, Payot, Paris, 1986, p15.

3 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p25.

4 Ethnologue structuraliste selon lequel le conte n'est qu'un «mythe légèrement affaibli» et les deux types de récits ont la même structure, sont des instruments de la même pensée logique primitive et dans lesquels les héros ont la même fonction.

5 LINDEN, Elizabeth Gardaz de, "Le conte et la tradition orale", in PARMEGIANI, Claude-Anne, Livres et bibliothèques pour enfants, p28.

6 CALAME-GRIAULE, Geneviève, "Le temps des contes", Critique, nº 394, p286.

7 Terme utilisé pour exprimer l'acte de (ra)conter (un conte, une histoire, un récit, ...).

8 SIMONSEN, Michèle, Le conte populaire français, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1981, p52.

9 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p185.

10 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p192.

11 Cité in JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p186.

12 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p186.

13 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p187.

14 Cf. Geneviève Calame-Griaule, »Pour une étude ethnolinguistique des littératures orales africaines» , in Langages, 5, 18, p22-47, citée dans: SIMONSEN, Michèle, Le conte populaire français, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1981, p51.

15 SIMONSEN, Michèle, Le conte populaire français, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1981, p50.

16 Contes du Cameroun (introduction p1) cités in TSOUNGUI, Françoise, Clés pour le conte africain et créole, CIFL-Edicef, 1986, p16.

17 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p218.

18 Les termes employés dans les différentes langues pour parler du conte se réfèrent au débit du conteur: "compter" (originellement), to tell, zahlen, etc.

19 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, pp217-218.

20 TSOUNGUI, Françoise, Clés pour le conte africain et créole, CIFL-Edicef, 1986, p57.

21 Cité in JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p183.

22 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p176.

23 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p206.

24 SIMONSEN, Michèle, Le conte populaire français, coll. Que sais-je?, P.U.F., Paris, 1981, p53.

25 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p194.

26 JEAN, Georges, Le pouvoir des contes, Casterman, 1981, p142.

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