Henri Cazaux

Atelier de formation proposé

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L’atelier conte: conception

 

Je me suis toujours refusé à lire des contes avec un livre comme support car je considère que le conte est difficile à vivre et à faire vivre. J’ai remarqué que l’on peut achopper sur le déchiffrage d’un mot, que l’on reste prisonnier de l’écrit dont on ne s’évade pas pour improviser et que l’on ne peut que difficilement jouer avec la voix et son corollaire: le silence. On ne peut suffisamment regarder son auditoire pour pêcher dans le regard de l’un ou l’attitude de l’autre une incitation à ralentir afin que l’enfant, pris dans les plis du conte, puisse, dans ses étoffes découper ses rêves de demain...

 

L’atelier conte: le déroulement

 

Les enfants se sont pressés autour du conteur pour se sentir plus près les uns des autres, pour mieux communier dans l’attention portée à ce qui se passe, à ce qui se dit, à ce qui se vit et qui, pour ma part, n’est pas autre chose qu’une cérémonie d’un genre particulier.

Ils ont appris à attendre que chacun soit bien installé. Les contes divers présentés furent un bouquet d’émotions différentes. On commença par s’accorder aux sentiments de l’instant pour voyager ensuite dans des "paysages" différents. Une promenade avec des "surprises" au détour des chemins sera moins fatigante qu’une marche monotone dans un paysage sans accident. Pour le conte, il en est de même.

Il faut des moments pour courir, marcher lentement et s’asseoir pour regarder. Il vaut mieux une séance un peu courte qu’une séance trop longue où la lassitude va vite disperser votre auditoire. Il a fallu deux séances pour que la classe, lieu familier, change d’image et devienne un lieu magique dans lequel le voyage se déroule. Le conteur a dû trouver sa place et une place où il a une maîtrise visuelle et sensible du groupe d’enfants. Il a dû être à l’affût des gestes imperceptibles qui l’ont renseigné sur la cohésion du groupe, la qualité de son écoute et de son état émotionnel.

Très peu de questions ont émané au cours des séances et lorsqu’un enfant m’en posait une, ce n’était pas pour chercher à infléchir le cours du récit, mais pour me demander d’en préciser un détail : le conte ne devenait pas dialogue.

A la fin d’une séance de contes, certains d’entre eux m’ont raconté des histoires. Ce furent surtout des blagues, des devinettes, des histoires de TOTO (les plus salées en général) ainsi que des bribes de contes de Perrault ou des images des films de Walt Disney. Ils voulaient du pittoresque, de la chronique du réel. Ils appréciaient l’académisme du beau langage ainsi que l’emploi de clichés ou de poncifs. Ces lieux communs étaient pour eux la norme, la rumeur commune de la société et une image conventionnelle qui les rassurait car fixée à jamais. "Le cliché est répétition; il est entrelacs, stabilisé par l’usage, d’une forme et d’un contenu fermés; il est pensée ou image pré-établie, pré-dite, pré-visible; il est association attendue; il est l’image ou l’idée, stoppée, dégradée et enfermée dans une expression habituée, close, affadie..." (1)

(1) - L’imaginaire ou pouvoir. J. HELD Ed. Ouvrière 1977 Coll. Enfance Heureuse Page 227

Je n’interrogeais jamais les enfants sur le sens des contes écoutés ni sur leur préférence. Il faut de l’humilité car on ne sait jamais pourquoi tel conte attire tel enfant plutôt qu’un autre et celui-ci peut se sentir mal à l’aise que d’aucuns puissent pénétrer ses pensées les plus intimes.

Par contre, eux, me questionnaient: "Le roi et l’oiseau de Grimaud, La guerre des étoiles, E.T. de Spielberg sont-ils des contes ?" Je répondais que nous pouvions les considérer comme des récits travestis, transformés de façon moderne et scientifique (pour Spielberg) mais dont l’intrigue et les thèmes sont universels.

 

Atelier: approche du conte écrit et oral avec des enfants

 

Durée: 1 à 2 journées

Participants: 15 personnes environ

Public: Toute personne qui raconte là où son goût personnel l'y pousse, là où son activité professionnelle l'y invite et désireuse de replonger dans les racines de l'imaginaire, personnel enseignant et éducatif.

Programme:

Qu'est-ce que le conte ?

En petits groupes: écoute des contes, les raconter à d'autres stagiaires: principe de la chaîne orale.

Analyse et compréhension des problèmes de mémorisation et de retransmission.

Le squelette des contes, habiller un conte avec sa propre fantaisie.

Le choix des contes, leur compréhension (structurer le récit, intégrer as logique, s'approprier le conte: assimilation et imprégnation, raconter, transmettre et améliorer).

A partir de trames, approche de l'écriture de contes pour une mise en bouche et une mise en scène du conteur : trouver son assise.

Dire un conte que l'on aura mémorisé.

Utilisation du conte avec des enfants ou des adolescents.

Objectifs:

- Retrouver l’univers des contes pour soi-même.

Mettre en mots ses images intérieures et organiser son récit.

Transmettre oralement sa pensée et optimiser son potentiel et ses ressources dans une expression orale.

Se faire entendre et savoir écouter.

Raconter c'est aussi se rencontrer dans l'écoute mutuelle: Plaisir de bouche à un plaisir d'oreille (s'écouter, écouter, raconter, dire...).

Dans l'acte pédagogique, éducatif, le conte peut jouer un rôle important: sensibilisation à l'acte de conter, bâtir un projet d'écriture de conte en classe, mise en bouche des contes écrits

Méthodologie:

Les exercices proposés révèleront à chacun ses propres ressources, sa capacité à intégrer, à transmettre et à communiquer les récits à des publics d'âges différents.

Information théorique (documentation fournie à chaque stagiaire: dossier 20 pages)

Sensibiliser les stagiaires au conte: mise en situation, échanges, dialogues

Travail en solo ou en groupe (s'initier à la pratique du récit)

Bibliographie de différents livres de contes