ANNÉE EUROPÉENNE DES LANGUES

Un peu d’histoire

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Véronique Delplancq *

Ce fut une aventure ... Une aventure Qui commença en mars 2000 alors que je rentrais d’une réunion à l’Institut Polytechnique de Lisbonne, convoquée par Madame Maria José de Sá Correia, coordinatrice des activités de l’Année Européenne des Langues (AEL) pour les Instituts Polytechniques (I.P.) portugais. L’objectif était de mobiliser un maximum de collègues des diverses écoles intégrées dans les I.P., de les sensibiliser à l’importance de l’AEL, de les motiver à proposer des projets Qui, une fois acceptés par la Commission Nationale présidée par Madame Isabel Hub Faria, s’inscriraient dans le calendrier officiel. Bloqués dans un flot de voitures Qui nous retenait, malgré nous, à Lisbonne, j’ai jeté, au sens propre du mot, les idées Qui fourmillaient depuis le début des conversations de la journée. J’écrivais, j’organisais des objectifs, planifiant déjà les préparatifs Qui se promettaient d’être longs et parfois délicats...

Inviter des conteurs francophones était un rêve Qui avait déjà été caressé plusieurs fois dans l’Aire Scientifique de Français de l’ESEV mais Qui n’avait pas encore eu un tremplin (ou un plongeoir ?) digne. L’occasion était bonne à prendre...

Le projet rédigé, sa viabilité fut testée grâce à des recherches dans des archives, dans divers moteurs de recherche du net et à des premiers contacts (d’une liste Qui allait s’allonger rapidement...) avec les services culturels des Ambassades de Belgique, du Canada, de France et de Suisse. L’accueil reçu allait motiver la poursuite du travail. Après avoir été accepté par les trois Aires Scientifiques de Langues de l’ESEV (Anglais, français et portugais) et par les divers organes de gestion de l’École, il fut traduit en anglais et en portugais et approuvé par la Commission Nationale de l’AEL Qui allait l’insérer dans son calendrier officiel.

Cette rencontre, étalée sur trois semaines (la première étant consacrée au monde anglophone et la troisième, au monde lusophone), allait créer l’événement et devait servir à illustrer le lien entre cultures, les traditions francophones et la pédagogie du conte. Notre projet s'inscrit dans le cadre de recherches de dynamiques originales dans l'art de la communication en Français Langue Étrangère (FLE), dans la préoccupation qu'a le Portugal de favoriser l'apprentissage de la Langue Étrangère aux plus jeunes, dans le besoin de montrer que "s'enrichir c'est se métisser" (J. Lang) dans l'espace francophone et que cette richesse est souvent inconnue des professeurs de FLE de pays n'appartenant pas à la Francophonie.

Les objectifs principaux sont de:

 

 

Les activités se séparent en sessions conjuguant langue et culture, approche théorique, spectacles, animations diverses, exercices de communication ...

Le CGRI (Commissariat Général aux Relations Internationales belge) à Qui l’Ambassade de Belgique avait transmis le dossier étant resté muet, seuls le Canada, la France et la Suisse restaient en piste. Les conteurs invités ont répondu « présent » avec une gentillesse et un professionnalisme incomparables. Un nombre incalculable de mails ont été échangés avec Philippe Campiche (Suisse), Henri Cazaux (France) et Marc Laberge (Québec). La toile d’araignée planétaire nous permettait de tisser des liens solides et des bases de travail prometteuses. Les demandes d’appuis divers ont toutes été reçues favorablement.

La Rencontre Internationale de Conteurs a débuté par une session d’ouverture le 14 mars 2001, à l’Auditoire Mirita Casimiro en la présence du Comité Organisateur de l’AEL (coordonné par Madame Hub Faria), de Madame Sá Correia, de Monsieur João Pedro Barros (Président de l’Institut Polytechnique de Viseu), de Monsieur Vara Branco (Président de l’École Supérieure d’Éducation de Viseu), de Monsieur Pierre Homerin (Ambassade de France), de Monsieur Moreira (Conseiller aux Services Culturels de la Mairie de Viseu), de Monsieur Luís Mendes (de la Commission Organisatrice pour l’Aire d’Anglais), des collègues des différentes Aires Scientifiques de l’ESEV (dont celles de Langues), d’autres personnalités, d’étudiants et de moi-même.

 

Mardi 20 mars 2001, 15.30 : j’arrive à l’aéroport avec Monsieur Luís, chauffeur de l’Institut Polytechnique de Viseu, après 2 heures 30 de voyage sous la pluie battante et le brouillard. Je rentre dans le hall et je découvre Philippe Campiche, assis près du bar, livre à la main, l’air passablement fatigué du voyage et de l’attente. Quelques paroles échangées devant un café et voilà qu’apparaissent Henri Cazaux, ses valises et son orgue, épuisé lui aussi mais à cause de la route Qui l’a conduit de Mirandela vers Porto et tenaillé par un mal de crâne. Pierre Homerin de l’Ambassade de France et son épouse nous ont rejoints sympathiquement pour nous aider à patienter. Le vol de Bruxelles (Marc Laberge arrivait d’une tournée belge) a du retard, comme d’habitude, et voilà Marc Laberge Qui débarque, allure de parfait baroudeur, sourire lumineux aux lèvres. Retrouvailles avec les uns, présentations aux autres et ... 2 heures 30 de voyage de retour, sous la pluie battante et le brouillard mais avec des éclats de rire en plus.

«Ce don si précieux, savoir écouter ... on n’écoute pas seulement avec ses oreilles, mais aussi avec son esprit, avec son coeur, avec ses yeux ... C’est même dans le regard que se lit l’attention ... D’ailleurs quel intérêt ont ceux Qui ne parlent que pour s’écouter eux-mêmes ?» Suzanne Lucas, chroniqueuse

 

Cette citation illustre bien la relation privilégiée Qui s’est installée entre le public et les conteurs ...

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* Professeur Coordinateur dans l’Aire Scientifique de Français de l’ESEV